DOMAINE DE CHASSE DE RUBI TELE

Avant-propos

 

L’okapi est une espèce emblématique pour la RDC et le monde. Alors que la communauté scientifique a seulement appris l’existence de cette espèce insaisissable au tournant du 20e siècle, elle a longtemps été connue et vénérée par les Congolais qui partagent leur abri de la forêt tropicale, en particulier les Mbuti, dont le nom provient. Aujourd’hui, l’okapi est un trésor national précieux, qui est mis en vedette sur le logo de mon organisation, l’ICCN, dans la culture populaire et sur nos billets de banque, mais il conserve son énigme. Comme cette revue du statut le souligne, nous avons encore beaucoup à apprendre sur cette espèce, y compris particulièrement son adaptation face aux multiples menaces.

 

Pasteur Dr Cosma Wilungula

Directeur Général, l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN)

 

 

Résume

 

Dans le but de rechercher des informations de base pour consolider le processus de gestion durable du Domaine de Chasse de Rubi Tele, orientée vers la prise en compte de toutes les composantes de la biodiversité lors de l’exécution des opérations liées à la chasse, des inventaires des grands et moyens mammifères diurnes d’une part, et de l’autre ceux visant

 

  • ressortir le degré d’anthropisation du milieu qui jusqu’à nos jours aucune orientation ont été conduits dans l’aire protégée.

 

La technique d’inventaire était basée sur des observations directes et indirectes le long d’une succession de reccee (ou marche de reconnaissance en forêt) et des transects linéaires. Les données relevées portaient sur la rencontre d’individus de différentes espèces fauniques et/ou de leurs indices de présence, les différentes formations végétales et sites particuliers traverses, ainsi que les rencontres humaines et/ou de leurs indices d’activité que le site n’a jamais capitalisé ses différents activités menées par le MPI, Madame Thérèse HART, l’Université de Kisangani (CSB), etc.

 

L’analyse de tout ce qui précède a conduit à la formulation d’un certain nombre de recommandations orientées d’une part vers une gestion somme toute durable du potentiel faunique existant dans ce massif forestier, et de l’autre vers une réduction très sensible des pressions sur la faune enfin de disponibilité les informations idéales du site.

 

INTRODUCTION

 

La conservation et l’utilisation durable des ressources naturelles de notre site sont subordonnées à l’élaboration d’un plan d’aménagement ou de gestion qui présente dans le temps et l’espace les activités à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs fixés. En effet la connaissance du potentiel faunique d’une Aire Protégée constitue un outil essentiel pour son aménagement et sa gestion dans une perspective durable.

 

Pour l’élaboration de ces documents de gestion, Il est requis la réalisation des études spécifiques au rang desquels les inventaires fauniques. Les données sur l’effectif des populations animales devant contribuer à l’orientation des objectifs de gestion et l’établissement des plans de tir.

 

OBJECTIFS

 

La présente observation s’inscrit dans le cadre du processus de réactualisation du plan simple de gestion du site. Elle a pour objectif double :

 

  • Faire une évaluation de la richesse en espèces de grands et moyens mammifères de cette AP, en vue d’améliorer le volet bioécologique de l’aménagement et mettre en place un système de suivi ;

 

  • Former les pisteurs et/ou membres des comités de surveillance de l’ICCN-DCRT sur les techniques simples d’inventaires et de suivi de la faune dans l’AP.

 

Les objectifs spécifiques sont de collecter les données permettant notamment :

 

  • d’estimer l’abondance des populations d’espèces de grands et moyens mammifères, spécifiquement l’Okapi, Chimpanzé et l’Eléphant ;

 

  • de déterminer leurs aires de distribution ;

 

  • de localiser les sites particuliers et faire ressortir l’importance pour la conservation de la biodiversité ;

 

  • de localiser les sites d’activités anthropiques autres que l’exploitation forestière ;

 

  • de cartographier les pistes piétonnes à partir de chaque village qui vont dans le

site ;

 

  • de contribuer à localiser les aires d’activités des communautés et/ou site culturel pour les populations locales ;

 

  • de contribuer à évaluer l’impact des modes d’exploitation actuelle sur la conservation de la biodiversité.

 

VISION

 

  • Une gestion efficace est nécessaire pour garantir le maintien, aujourd’hui et à l’avenir, des valeurs du Domaine de chasse. L’évaluation de l’efficacité de la gestion est un élément vital de la gestion adaptative et coopérative de l’aire protégée, dans le cadre de laquelle les gestionnaires et les acteurs collaborent et tirent les enseignements de l’expérience.»

 

TRAITEMENT DES DONNEES

 

Les différentes coordonnées géographiques relevées sur le terrain ont été matérialisées sur un fond de carte, et reliées entre elles pour retrouver les trajets réellement suivis durant toutes les missions. Les observations rattachées aux quadrats ont permis d’évaluer la distance parcourue dans chacun d’eux. Par la suite, ces observations ont été regroupées par espèce de mammifères et par type d’activités anthropiques. Le taux de rencontre au kilomètre linéaire par quadrat des différents groupes d’information a ainsi été calculé.

 

Les cartes de distribution des strates d’observations obtenues ont été élaborées sous Arc View, SMART et MapSource, utilisé pour rechercher les zones préférentielles des espèces de grands mammifères phares telles que, les okapis, les chimpanzés et les éléphants.

 

L’estimation des indices kilométriques d’abondance (IKA) consiste au simple calcul du nombre d’observations des signes d’activités recensés par kilomètre linéaire suivant la formule ci-après :

 

            IKA = N/D              Avec : – N = nombre total d’observations des signes d’activité – D = distance totale parcourue (km)

 

Le calcul de l’IKA permet d’estimer l’abondance relative des populations animales en forêt dense. Ils nous permettent de déterminer les zones de haute concentration de la biodiversité afin de développer des stratégies de surveillance pour une gestion durable de notre site.

 

Il convient ici de relever qu’après le récolte et traitement d’une partie des données qui a permis de circonscrire les zones à indice d’abondance plus ou moins élevé des espèces ‘’phare’’ (Okapi, chimpanzé, etc.). L’estimation de la densité des espèces phares (Okapia Johnston, Pan troglodytes, Loxodonta africana cyclotis) n’a pas pu être atteinte à cause du nombre très bas des observations due au manque de financement sécurisé pour bien mener nos activités.

 

On note que parmi les divers indices de rencontrés, les empreintes, les traces, les crottes, les nids, les restes alimentaire en plus de deux carcasse des Okapis ont été les repères ce qui traduit une éventuelle présence dans le secteur, de très grande importance biologique fréquenté par les Okapis et le Chimpanzés.

 

Par

Djocta FIMPADIO BULA

Conservateur Assistant et Chef de Site Adjoint

Domaine de Chasse de Rubi Tele

Administrateur SMART