COMMUNIQUE DE PRESSE SUR LE BILAN DE TRANSFERT DE L’ORGANE DE GESTION CITES A L’INSTITUT CONGOAIS POUR LA CONSERVATION DE LA NATURE (ICCN)

L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature tient à fixer l’opinion tant nationale qu’internationale que le transfert de l’Organe de Gestion CITES de la Direction de la Conservation de la Nature (DCN) du ministère de l’Environnement et Développement Durable vers cet Institut vient de totaliser trois ans depuis la signature de l’Arrêté n°021/CAB/MIN/EDD/AAN/WF/05/2017 du 31 août 2017.

Bien que la remise-reprise entre l’ancien et le nouvel Organe de Gestion ait été concrétisé seulement le 28 décembre 2017, le fonctionnement du nouvel Organe de Gestion CITES/RDC n’a été effectif qu’à partir du mois de janvier 2018.

L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) est heureux de présenter le bilan des actions de deux ans qui ont suffi pour corriger la mauvaise application de la Convention CITES pendant quarante ans, ce qui a plongé la République Démocratique du Congo sur la « Liste noire » de la CITES suite aux antivaleurs qui se sont incrustées dans ce secteur.

  1. Rappel des antivaleurs et mauvaises pratiques fustigées par la communauté internationale

Plusieurs antivaleurs avaient été décriées par la communauté internationale contre la République Démocratique du Congo dans la mise en œuvre de la CITES. Il convient de citer notamment :

  • Le dépassement chronique des quotas d’exportation annuels des spécimens d’espèces de faune et de flore sauvages inscrites aux annexes de la CITES ;
  • La circulation de faux permis en provenance de la RDC ;
  • Le non-respect d’échéances de présentation des rapports annuels, biennaux et spéciaux
  • Le manque de stratégies adéquates face à la prolifération du trafic illicite des espèces sauvages à l’instar du commerce domestique de l’ivoire et d’autres spécimens d’éléphants, de la prolifération des parcs animaliers privés et de la détention par des particuliers des spécimens vivants d’espèces sauvages en violation de la Convention CITES et des lois nationales ;
  • La délivrance des permis par complaisance, c’est-à-dire généralement sans preuve suffisante de l’origine légale des spécimens et sans bases scientifiques solides ;
  • Le changement intempestif des cadres exerçant les fonctions de l’Organe de Gestion CITES, surtout en cas de changement des membres du Gouvernement.

Ces antivaleurs, qui sont documentées dans différents rapports du Comité permanent de la CITES depuis les années 2015 à 2017 et dans l’exposé des motifs de l’Arrêté de transfert susmentionné, ont été facilitées par la corruption et le clientélisme politique ainsi que l’ignorance due au manque de formation appropriée pour mettre en œuvre la CITES.

  1. Bilan des actions phares menées par l’ICCN dans 2 ans dans la mise en œuvre de CITES

L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) dirigé par un homme de Dieu à la tête, Pasteur Dr. Cosma WILUNGULA BALONGOLWA, a l’avantage de disposer en son sein d’un personnel avec un niveau de formation plus élevé, doté de valeurs spirituelles et morales, ce qui lui a valu deux ans seulement pour extirper les antivaleurs et les mauvaises pratiques susmentionnées.

Nous pouvons citer les actions phares ci-après :

  • La mise en place d’une Coordination CITES au sein de l’ICCN dirigée par le Professeur Dr. Augustin NGUMBI AMURI, Directeur-Coordonnateur, chargée du suivi au quotidien des questions de la CITES et des recommandations y afférentes adressées à la République Démocratique du Congo ;
  • L’identification préalable, par voie électronique, de toute personne physique ou morale désirant obtenir un Permis d’exportation et d’importation pour exporter et importer une espèce de faune et de flore sauvages ;
  • Le lancement depuis le 1er juin 2020 de la plateforme de gestion informatisée de la CITES dénommée CITES Management Informatic System (CMIS), qui est la première initiative de genre en Afrique, mettant ainsi en œuvre la vision de numérisation de l’administration publique prônée par le Chef de l’Etat, Son Excellence Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO ;
  • La contribution à la mobilisation des recettes grâce la plateforme de gestion informatisée de la CITES dénommée CITES Management Informatic System (CMIS) susmentionné, qui favorise l’interaction avec les régies financières et différents services d’assiette ;
  • Le rapatriement en RDC en mars 2018 de 130 perroquets gris vivants (Psittacus erithacus) saisis à Istanbul (Turquie) ;
  • Le rapatriement en RDC depuis le mois février 2021 de 20 singes vivants saisis au Zimbabwe ;
  • L’arrêt de la complaisance dans la délivrance des Permis qui, autrefois, étaient obtenus par appels téléphoniques, en instaurant désormais les Avis d’Acquisition légale, c’est-à-dire la vérification de la légalité et de la traçabilité des espèces sauvages dont l’existence doit être attestée scientifiquement en République Démocratique du Congo ;
  • L’Arrêt de la falsification des Permis de la RDC par l’instauration des Permis sécurisé par le Code QR et retracés dans la base de données accessible en ligne par les services de contrôle et par les organes de gestion ainsi que les clients étrangers ;
  • Le respect d’échéances dans la transmission des rapports annuels sur les permis et certificats ainsi que sur le commerce illégal, les rapports biennaux sur l’application de la Convention CITES ainsi que les rapports spéciaux, selon les Lignes directrices de la CITES ;
  • L’organisation à Kinshasa, en date du 30 septembre 2018, la cérémonie de mise en feu de 1050 Kg d’ivoire brut et taillé ainsi que 1197 Kg d’écailles de pangolin géant par le Chef de l’Etat honoraire ;
  • Le suivi de près des sanctuaires et parcs animaliers privés ;
  • L’archivage électronique et physiques (dans les registres rénovés) des données sur les permis et certificats et sur le commerce illégal, pour faciliter la tenue des rapports la prise des décisions ;
  • Plus de 100 arrestations et saisis grâce à la collaboration avec la Task Force et la justice ;

L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature mérite d’être félicité et récompensé pour les actions susmentionnées. Il ne reste qu’à lui doter d’une ordonnance du Chef de l’Etat pour consolider lesdites actions et renforcer son statut juridique.